Laurent Boileau et Jung co-réalisent l’adaptation du roman graphique de ce dernier, Couleur de peau : Miel (chez Quadrants). Décrit comme un film d’animation documentaire, le long-métrage mélange en réalité plusieurs techniques cinématographiques, de la 2D, de la 3D et prises de vues réelles, entre autres. Le film, qui sortira le 6 juin dans nos salles, fait partie de la sélection officiel du festival d’animation d’Annecy.
« Ils sont 200 000 enfants coréens disséminés à travers le monde depuis la fin de la guerre de Corée.
Né en 1965 à Séoul et adopté en 1971 par une famille belge, Jung est l’un d’entre eux.
Adapté du roman graphique Couleur de peau : Miel, le film revient sur quelques moments clés de la vie de Jung : l’orphelinat, l’arrivée en Belgique, la vie de famille, l’adolescence difficile... Il nous raconte les événements qui l’ont conduit à accepter ses mixités. Le déracinement, l’identité, l’intégration, l’amour maternel, tout comme la famille recomposée et métissée, sont autant de thèmes abordés avec poésie, humour et émotion...
Réalisé dans un étonnant mélange d’images réelles et dessinées, entre présent et souvenirs, utilisant à l’occasion des archives historiques et familiales, "Couleur de peau : Miel" est un récit autobiographique d’animation qui explore des terres nouvelles. »
Couleur de peau : Miel n’est pas uniquement un roman graphique, c’est également une autobiographie, avec pour thème central l’adoption. Publié en 2 tomes par l’éditeur français Quadrants, le roman graphique aura droit à une réédition ce mois-ci, ne soyez donc pas étonnés de le croiser en librairie. La présentation éditoriale du livre complète bien le synopsis du film ci-dessus :
« Jun Jung-sik errait dans les rues de Séoul quand un policier l’a pris par la main pour l’emmener au Holt, un orphelinat américain. Il avait alors 5 ans. Quelques photos, un rapport d’orphelinat… Ses souvenirs tiennent à un fil. Mais les questions le taraudent.
2007 : Jung décide de remuer les souvenirs ou les fantasmes de sa vie, en tout cas d’en finir avec une certaine période teintée de l’incertitude qui ronge. Il se raconte dans ce récit terriblement intime : sa survie en Corée, sa nouvelle famille belge. Une adoption pas toujours très réussie, contrairement à d’autres gamins. Mais cette histoire est la sienne : il a grandi avec, s’est construit avec, jours après jours, vaille que vaille. Les fous rires, les drames, le quotidien, les bêtises de gosses et les questions sans réponses… Sans aucune réponse ? »
Voici encore une histoire, une tranche de vie, qui devrait toucher les spectateurs, et probablement faire pleurer dans les salles. Personnellement le mélange des techniques d’animation me dérange, mais selon Jung « chaque élément s'est imposé au cas par cas pour chaque scène parce que c'était la meilleure manière de raconter cette histoire-là ». D’un autre côté, les thèmes évoqués m’intéressent et peut-être gagneront-ils effectivement à être traités de la sorte.
En attendant de se faire une idée définitive, voilà la bande annonce française et un extrait de 3 minutes du film :
Balto, chien-loup, héros des neiges est un film réalisé par Simon Wells, et produit par Steven Spielberg, en 1995 (sortie française le 10 juillet 1996). Il a eu deux suites : Balto 2 – La quête du loup en 2002 et Balto 3 – Sur l’aile du vent en 2004. Ce film n’est ni une production Disney, ni une production d’un autre studio reconnu, mais c’est pourtant un classique de l’animation jeunesse.
« En 1925, dans le village de Nome, en Alaska, vit Balto, moitié loup - moitié husky, rejeté par les autres chiens et souffrant terriblement de sa condition. Un jour, une grave épidémie s'abat sur le village. Toutes les routes sont bloquées par un violent blizzard. Le seul moyen de faire venir des médicaments jusque-là est d'envoyer des chiens braver la tempête. Balto va enfin pouvoir faire la preuve de son courage, de son adversité et de sa loyauté. »
Je n’avais jamais vu Balto, mais je connaissais l’histoire et le personnage depuis toujours. Pourtant quand au début du film, je vois Central Park et des acteurs en chair et en os, je me suis demandé s’il n’y avait pas un autre film du même nom. Mais non, c’est la séquence d’introduction live qui présente l’histoire de Balto comme une histoire vraie, et là on passe à l’animation.
Et en réalité, le film est inspiré d’évènements qui ont vraiment eu lieu. Balto est un husky (et non mi-loup comme dans le film) connu pour sa participation à la course au sérum de 1925. Un médicament anti-diphtérique fut acheminé d’Anchorage à Nenana (villes d’Alaska) par train, puis par chiens de traineaux jusqu’à Nome, pour y combattre l’épidémie. Un voyage de 25 jours en temps normal, transformé ici en relais pour acheminer le médicament plus rapidement. Ainsi, plusieurs hommes et plusieurs équipages se succédèrent dans cette course. L’équipage conduit par Balto prit part au relais, et arrivé au dernier point de contrôle avant Nome, le maitre de traineau trouva son remplaçant endormi, il décida donc de continuer car ses chiens se portaient bien.
Le médicament fut livré en seulement 5 jours et demi, et la presse fit de Balto un héros de la nation, alors même que d’autres chiens de tête avaient avant lui parcouru le double de distance dans les portions les plus dangereuses du parcours. La même année, une statue à l’effigie de Balto fut érigée à Central Park (celle-là même que l’on voit dans le film) avec les mots « Endurance - Fidélité - Intelligence » gravés. Le chemin qu’il a parcouru a donné lieu à une course de traîneau annuelle, nommée Iditarod.
Pas étonnant qu’une histoire basée sur un événement aussi fort et poignant fasse un bon scénario de film. Pourtant l’histoire s’est encore trouvée enrichie par la double nature donnée à Balto : mi-chien, mi-loup, ni l’un, ni l’autre. Difficile de trouver son identité quand on est repoussé par ses congénères, et que nos amis les plus proches sont une oie et deux ours polaires. Pourtant, il y a des êtres plus tolérants que d’autres, et notamment la jolie husky Jenna et sa jeune maitresse Rosie, qui sont bien les seules à ne pas mépriser Balto pour son apparence ou ses origines. Il y a là une belle leçon de tolérance et de respect de l’autre à enseigner aux enfants.
Mais l’enfant apprendra également qu’il faut savoir s’accepter soit même pour avancer, au sens propre pour Balto puisque c’est son côté loup qui lui permettra de ne pas se perdre dans le blizzard. Cette histoire est pleine de bonnes intentions, de démonstration de courage, d’amour, d’amitié. Les mentalités de certains personnages évoluent, et d’autres s’enferment dans leur quête de gloire et leur égocentrisme. Je trouve que la fresque des personnages, pourtant classiques, sonne assez juste. Et l’histoire, simple et sans prétentions, fait mouche.
Insérer le récit entre deux scènes live peut d'abord paraitre étrange, mais c'est pour moi un bon choix cinématographique de la part du réalisateur. Il peut ainsi replacer l'histoire dans son contexte, et lui donner une réalité que l'animation seule n'aurait pas acquise. De plus, on se doute bien que la fameuse grand-mère a quelque chose à voir avec l'histoire originale, et ça la rend d'autant plus touchante.
En fait, le succès de ce long métrage s’explique simplement. Il est composé d’éléments qui font sa richesse et son intemporalité : une histoire extraordinaire, des animaux courageux, des personnages auxquels on croit, et des quêtes. Celle de Balto pour sauver Rosie et les autres enfants en amenant le médicament, sa quête de reconnaissance, et sa quête d’identité. Et même si Balto n'était pas le seul héros de l'histoire dans la réalité, on en ressort avec une admiration pour l'héroïsme dont on fait preuve ces hommes et ces chiens. Une bien belle image à montrer aux petits, comme aux plus grands.
A l’origine, The Life of Guskou Budori (Guskō Budori no Denki est le titre original) est un conte écrit par Kenji Miyazawa entre 1923 et 1933. Il a été traduit en français par La Biographie de Gusuko Budori, et publié dans le recueil de contes du même auteur Le Coquillage de feu (L’Harmattan, 2000). Kenji Miyazawa est également l’auteur de la nouvelle Gauche le violoncelliste, adaptée par Isao Takahata en 1981, et Train de nuit dans la voie lactée, adaptée par Gisaburo Sugii en 1985.
The Life of Guskou Budori a déjà été adaptée en long métrage d’animation par Ryutaro Nakamura en 1994. Cette fois-ci c’est Gisaburo Surgii qui adapte ce conte, et comme dans son adaptation de Train de nuit dans la voie lactée, les personnages deviennent des chats.
L’histoire originale raconte la vie d’un jeune homme nommé Budori qui vit à la campagne avec ses parents et sa petite sœur. Une suite de sécheresses et autres catastrophes naturelles sépare la famille, et Budori est forcé de quitter la maison et de trouver son chemin par lui-même. Conduit par un désire d’améliorer la qualité de vie de ses pauvres concitoyens, il rejoint finalement un groupe de scientifiques appelé le Département Volcanique Lihatov, et prend part aux projets scientifiques destinés à combattre les catastrophes naturelles qui l’ont conduit loin de chez lui.
Pour son film, Gisaburo Surgii adapte quelque peu le récit où, après un terrible climat froid qui a frappé la forêt, Budori se retrouve seul au monde. Mais il ne perd pas espoir et continue de rechercher sa petite sœur Neri. Il essaie alors de rejoindre et de travailler avec des scientifiques dans un laboratoire d’éruption volcanique artificielle. Mais la vague de froid revient et cette fois Budori décide de ne pas revivre la même expérience. Il quitte le laboratoire pour tenter de sauver les autres…
Le film sera distribué au Japon en juillet prochain, et si il n’y aucun indice qui tende à montrer qu’il sortira dans les salles françaises, je compte au moins sur une sortie DVD. Parce que la bande annonce ci-dessous est très sympathique !
La Balade de Yaya est une bande dessinée originale, dans tous les sens du terme. Je l’ai découverte comme « Coup de Cœur » dans une des librairies que je fréquente, et j’en suis aussi tombée amoureuse. Tout d’abord de ces dessins gibliesque et pourtant propres à l’auteur, puis de ces magnifiques couleurs. L’album a un format particulier, tout en longueur (à l’italienne pour les spécialistes), les cases côtes à côtes formeraient une seule et même bande de bd, sur des mètres et des mètres. Cet album si spécial est publié par Fei Editions, une maison qui souhaite allier les talents français et chinois. Les séries de leur catalogue sont le fruit de telles collaborations et La Balade de Yaya n’échappe pas à la règle puisque son dessinateur est chinois, et son scénariste français. Sur 9 tomes prévus, 4 sont déjà sortis, je ne saurai trop vous conseiller de les lire !
Chine 1937. Les Japonais entrent dans Shanghai et poussent à l'exode des milliers de Chinois et d'Occidentaux retranchés dans les concessions. Au cœur de ce chaos déclenché par les combats, deux enfants vont se lier d'amitié, alors que tout semblait les séparer : Yaya est la fille d'un riche commerçant chinois, et Tuduo est un gamin des rues.
Cette histoire, je l’ai immédiatement imaginée en film d’animation. Quelle joie d’apprendre que ce sera le cas ! En effet la maison d’édition vient de créer une filiale, Fei Productions, spécialement pour la réalisation de l’adaptation en long métrage d’animation de La Balade de Yaya. Le scénario sera écrit par Jean-Marie Omont, le scénariste de la bande dessinée, avec Patrick Marty (à l’origine de l’idée et des personnages) et Charlotte Girard. Le dessinateur de la série, Golo Zhao, sera lui aussi de l’aventure, étant issu de l’animation il adaptera lui-même ses dessins pour le cinéma.
Ci-dessous une partie du communiqué de presse des Editions Fei, que vous pouvez retrouvez en intégralité sur le site de Focus on Animation :
« LE FILM d’animation sera majoritairement une coproduction franco-chinoise. Les producteurs souhaitent que Yaya entre dans le cadre de l’accord de coproduction cinématographique existant entre la France et la Chine. Toutefois, des partenariats avec d’autres pays restent bien sûr ouverts. Yaya est un parcours initiatique sensible, et poignant. Si le contexte et l’histoire sont chinois, les thèmes abordés, l’amitié, la solidarité, le partage, l’apprentissage et la découverte du monde, ont une portée universelle, et donnent au film une potentialité d’exploitation internationale.
YAYA, le film, très fidèle à l’univers des albums, raconte les aventures d’une petite fille de bonne famille qui en 1937, lors de l’invasion de Shanghai par les japonais, part à la recherche de ses parents avec l’aide d’un enfant des rues. Les auteurs de Yaya revendiquent aussi bien les influences de la littérature : Olivers Twist de Dickens, que du cinéma : L’Empire du soleil de Spielberg, Jeux interdits de René Clément, ou encore l’œuvre de Miyazaki. Leurs préoccupations ont été de développer un récit à hauteur d’enfance, où les jeunes héros portent un regard interrogateur sur le monde des adultes. Les nombreux retours des lecteurs témoignent que parents et enfants échangent volontiers leurs points de vues sur les aventures de Yaya. De fait, si ce long-métrage d’animation (90 minutes, 2D/3D) cible les 8-12 ans, il s’adresse également à un public familial. »
Je vous laisse avec quelques images issues des albums (cliquez pour voir en plus grand), une bande annonce réalisée à l’occasion de la sortie du premier album qui a des airs de bande annonce cinématographique, et des affiches de La Balade de Yaya disponibles à la vente sur le site de l’éditeur. Sachant que Yaya est une petite pianiste, j’imagine déjà une bande originale avec des morceaux de piano… Le film n’arrivera pas de sitôt au cinéma, mais avec tout ceci on peut déjà imaginer à quoi il ressemblera !
Mamoru Hosoda, le réalisateur des très connus La traversée du temps et Summer Wars, revient cette année avec son nouveau long métrage : Les enfants loups, Ame et Yuki. Okami Kodomo no Ame to Yuki en VO, sortira le 21 juillet prochain au Japon et le 29 août chez nous. Soit un mois après la sortie dans son pays d’origine, l’attente sera courte, heureusement pour nous !
Ses deux précédents films avaient été réalisés au sein du studio japonais Madhouse, mais celui-ci est le premier réalisé au sein du studio Chizu. Ce dernier est un tout nouveau studio créé spécialement par Hosoda pour la réalisation de ce film (et qui servira les suivants aussi je suppose). Madhouse a toutefois apporté son soutien financier à l’aventure.
Hana et ses deux enfants, Ame et Yuki, vivent discrètement dans un coin tranquille de la ville. Leur vie est simple et joyeuse, mais ils cachent un secret : leur père est un homme-loup. Quand celui-ci disparaît brutalement, Hana décide de quitter la ville pour élever ses enfants àl'abri des regards. Ils emménagent dans un village proche d'une forêt luxuriante…
Les premières images m’ont immédiatement charmée, mais comme j’avais bien aimé les deux précédents longs métrages, j’ai des attentes concernant ce dernier. Une chose est sure, les deux petits sont vraiment mignons ! Et ci-dessous un premier aperçu du film en VO.