Mercredi 22 février 2012

La colline aux coquelicots (Kokuriko zaka kara) est le deuxième film de Goro Miyazaki au sein du studio Ghibli. Sorti en France le 11 janvier 2012, il s’agit en fait de l’adaptation d’un shôjo manga des années 80 sur un scénario de Hayao Miyazaki.

« Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer...
Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier…
Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l’aube d’une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d’amitié, d’amour et d’espoir. »

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Adapté d’un shôjo manga des années 80
Par moments, l’histoire prend un tournant très « Amour, Gloire et Beauté » avec des dialogues à la limite du ridicule et des jeux d’attitudes plus qu’attendus entre les personnages. Sans compter les ‘rebondissements’ cousus de fil blanc et les nombreux flash-back qui plombent le récit. En effet, si l’on attend et craint la prochaine péripétie on entre quand même dans le récit aux cotés de Umi et Shun, mais les flash-back, tentative de séquence émotion, saccadent le récit. Le spectateur éprouve la sensation de ne plus être devant le même film.

En revanche, toute la trame autour du Quartier Latin et de la mobilisation étudiante est bien traitée. L’environnement, le journal, l’époque et même les premiers émois de ces jeunes sonnent justes. Du moins jusqu’à ce cette histoire de paternité mal exploitée gâche la relation entre les deux jeunes gens. Il y a trop de retournements et de mauvaises péripéties pour arriver à un happy end bien fade…

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Ce premier essai des studios dans le shôjo me laisse sur un sentiment mitigé. Peut-être qu’ils n’ont pas adapté le bon manga, ou que l’histoire n’est pas assez compatible avec le format cinéma, ou bien encore que le rythme du récit a été mal orchestré. A noter aussi des éléments visuels étranges pour le studio il me semble, notamment lors de la scène du rêve de Umi. Un personnage seul sur fond noir, des fonds pâles et flous pour une séquence ‘rêvée’… Etrange.

Le deuxième essai de Goro Miyazaki
Après Les contes de Terremer, il s’attaque à un genre tout à fait différent et n’est plus seul aux commandes. Il est donc difficile de juger son travail. Mais l’animation ici est économique, on a peu d’images par seconde ce qui donne un style figé, lent. Ce qui ne choque pas vraiment puisque le récit en lui-même est lent. En revanche le chara-design est simpliste. Les personnages principaux ont un visage épuré quand les personnages secondaires semblent mal dégrossis et surtout, déjà vus. Aurait-on réutilisé des personnages de second plan pour finir le film à temps suite au tsunami ? Ou n’est-ce qu’une impression au premier visionnage ?

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Les décors sont, comme d’habitude dans les productions Ghibli, superbes. Je suis particulièrement sous le charme du Quartier Latin, à l’architecture d’inspiration française, tant pour sa beauté que pour l’ambiance qu’on y retrouve. Ambiance et état d’esprit parfaitement traduits par les chansons, très présentent dans ce film. On note des chansons en VO (sous-titrées pour notre compréhension, très bonne idée, merci) mais également, et c’est une première, des chansons en français ! S’il existe une version française de la chanson d’Arrietty c’est uniquement car la compositrice est française (Cécile Corbel, ndrl). Ici, les chansons traduites sont celles interprétées par l’ensemble des élèves et ce car elles sont parties intégrante du récit et de sa compréhension. On peut ainsi, même sans connaitre l’époque ni la culture, mieux appréhender les motivations des différents personnages.
 
C’est un film agréable, à la musique sublime. Dommage que la trame soit mal équilibrée et que l’histoire tourne à la mauvaise comédie romantique. Heureusement tout ce qui touche au Quartier Latin est de très bonne facture, et remonte le niveau général. Difficile de savoir où cela n’a pas marché, si c’est l’histoire originale ou la collaboration père/fils, mais ce film a un petit goût de ‘tentative’. 

Mardi 7 février 2012

 Children Who Chase Lost Voices from Deep Below (Hoshi o Ou Kodomo)
« Les enfants qui poursuivent les voix perdues des profondeurs sous nos pieds. »
« Les enfants qui pourchassent les dernières voix venant des profondeurs »
 
Voyage vers Agartha (moyen le titre en français...) est un film d’animation japonais réalisé par Makoto Shinkai (La tour au-delà des nuages, 5cm par secondes). Il est sorti le 7 mai 2011 au Japon, le DVD (et le Blu-Ray) est disponible en VO (avec sous-titres anglais) et donc à l’import. Le film sortira directement en DVD en France, en juillet 2012 chez Kazé. 
 
Après l’école, Asuna aime se réfugier dans la montagne et écouter la mystérieuse musique qu’elle capte parfois avec la radio que lui a légué son père. Un jour, on prévient les élèves qu’un ours rode près de la ville, mais la créature qu’Asuna croise à la lisière de la forêt ce soir là n’a rien d’un ours. Et le garçon qui l’a sauvée, n’a rien d’un garçon ordinaire. L’amitié que vont rapidement lier les deux jeunes gens va plonger Asuna dans une aventure hors du commun, dans un autre monde…

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Dès la bande annonce, le spectateur se laisse emporter par la fluidité de l’animation et la beauté des décors. Le film est fidèle à cette promesse. On ne compte pas les sublimes décors, des montagnes, des ruines sous-marines, des vastes prairies, des puits sans fond… L’animation quant à elle ne connait pas de lenteurs contemplatives (qui lassent si souvent), et présente une qualité bienvenue, surtout en termes de fluidité, dans ce genre de récit.

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Makoto Shinkai est parfois appelé « le nouveau Miyazaki », il est en effet considéré comme un réalisateur très prometteur. Cependant, ses films et ceux de Miyazaki ne s’étaient jamais autant approchés. Si tous deux privilégient le thème de l’enfance, Shinkai traitait plus de la séparation et de la douleur tandis que Miyazaki présente plus le passage à l’âge adulte et la définition de soi. Mais ici, Shinkai se rapproche de Miyazaki puisque ses personnages partent dans une quête initiatique, à la fois pour se trouver eux-mêmes et trouver leur place dans ce monde, mais aussi pour apprendre à dire adieu.
 
De même, on retrouve beaucoup d’éléments qui font penser aux films du studio Ghibli. Des cristaux bleus semblables à ceux du Château dans le ciel, au jeune héros qui ressemble fort à  son camarade des Contes de Terremer, en passant pas les créatures étranges qui peuplent l’autre monde. Celles-ci sont en fait des dieux, aux allures d’animaux plus ou moins mutants : il y a le chat-tout-mignon-comme-un-pokémon qui accompagne l’héroïne, mais aussi des plus imposants, qui peuvent rappeler le bestiaire de Mononoké ou de Chihiro (surtout les ombres noires mangeuses de sangs-mêlés). D’un autre côté, le folklore japonais est suffisamment peuplé d’esprits et de dieux pour qu’il n’y ait pas ici à crier au loup, ou à l’inspiration trop poussée. Au contraire, ces similitudes sont pour moi la preuve de la présence de bons éléments dans Children Who Chase Lost Voices.

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Côté scénario, ça démarre classiquement. Une jeune fille se retrouve impliquée dans une histoire qui la dépasse, mais à laquelle elle est liée de plusieurs façons sans la savoir. Le problème, c’est que le scénario s’étoffe au fur et à mesure des rencontres entre les personnages d’intrigues secondaires, de nouveaux questionnements. Enfin, ce ne serait pas un problème si toutes ces intrigues étaient résolues, et si touts ces questionnements obtenaient une réponse. Mais des personnages secondaires apparaissent et disparaissent sans que l’on en sache plus sur eux ou leurs motivations. On s’interroge sur les origines réelles d’Asuna, sans obtenir de réponse explicite. L’avenir de ces dieux et de leur monde est un élément clef de l’intrigue, et il est finalement traduit pas des indications évasives. Quant aux devenir des personnages principaux, si on en a un aperçu dans l’ending, il m’a fait formuler de nouvelles questions qui n’auront jamais de réponses.

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Sans compter ces petits détours scénaristiques, ce film est un récit d’aventure initiatique très poétique. Les questionnements mis en avant sur l’avenir des dieux, du monde, de la société, des humains… peuvent s’appliquer à nos sociétés. C’est pourquoi, j’imagine, on veut nous aussi que ces jeunes héros aillent au bout de leur voyage, pour peut être y trouver une solution. Les visuels sont un véritable enchantement, et le spectateur n’a pas le temps de s’ennuyer entre les scènes d’actions et les doutes et espérances des personnages. Ma scène favorite, si vous avez l’occasion de voir le film, c’est quand Asuna et les autres font la course avec le soleil dans des ruines, pour échapper aux créatures qui naissent de l’ombre. D’ailleurs lorsqu’Asuna saute d’une ruine à l’autre, ça a un petit air de Makoto dans La traversée du temps (voir la couverture du DVD).

Mardi 15 novembre 2011

La colline aux coquelicots (Kokuriko-Zaka Kara en VO) est le dernier long métrage du studio Ghibli. Réalisé par Goro Miyazaki (Les Contes de Terremer), sur un scénario de Miyazaki père, d’après un manga de Chizuru Takahashi. Le film est sorti au Japon le 16 juillet dernier. En France, il est annoncé pour le 11 janvier 2012 (date de publication du manga qui l'a inspiré également). C’est Aoi Teshima qui chante le theme de ce nouveau film, Sayonara no Natsu (reprise d’une chanson des années 70). C’est aussi elle qui chantant la belle chanson Teru no Uta dans Les Contes de Terremer.

http://i41.servimg.com/u/f41/11/11/30/77/la_col11.jpgAffiche française, cliquez pour voir en grand
Rien à voir avec l'affiche japonaise :
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 Le manga qui a inspiré le film.
Heureusement qu'ils n'ont pas conservé les graphismes.

"Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer... Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier… Dans un Japon des années 60, entre tradition et modernité, à l’aube d’une nouvelle ère, Umi et Shun vont se découvrir et partager une émouvante histoire d’amitié, d’amour et d’espoir."

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http://www.catsuka.com/interf/icons4/la_colline_aux_coquelicots_08.jpgClic clic pour images géantes
 
Comme le film est sorti il y a quelques mois au Japon, et qu'il a été diffusé en avant première à Paris hier soir (en présence du réalisateur Goro Miyazaki), quelques internautes proposent déjà des critiques. Pour ceux qui préfèrent se faire une idée en images, et en français... La bande annonce française à été dévoilée aujourd'hui !



Vendredi 11 novembre 2011

Up : Nouveau titre, nouvelle date de sortie. Affiche française. Bandes annonces japonaises.

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Affiche française, cliquez pour voir en grand

Kokuriko-Zaka Kara
est le dernier long métrage du studio Ghibli. Réalisé par Goro Miyazaki (Les Contes de Terremer), sur un scénario de Miyazaki père, d’après un manga de Chizuru Takahashi. L’histoire du 
manga est la suivante « Dans ce manga, nous ferons la connaissance d'Umi, l'ainée d'une famille où il n'y a que des femmes. En effet, le père d'Umi a disparu en mer et depuis, la jeune fille a pris l'habitude d'envoyer des signaux à chaque fois qu'un remorqueur passe au loin. Un jour, elle reçoit en retour un étrange message... L'action se déroule en 1963, un peu avant la révolte étudiante qui eut lieu au Japon, comme en France, en 1968. On suivra aussi le parcours d'un lycéen responsable d'un club de journalisme et délégué des élèves. Ce dernier s'intéresse avec attention à ce contexte social un peu particulier à cette époque au Japon. Ces deux personnages vont se croiser et éprouver certains sentiments... ». Heureusement, le film n’est pas fidèle aux dessins de ce dernier… Manga prévu pour le 11 janvier chez Akata.
 

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La colline aux coquelicots, titre officiel français, est d’ores et déjà sortit au Japon le 16 juillet dernier. En France, il est annoncé pour le 11 janvier 2012. Certains internautes francophones l’ont déjà vu et partagent leur avis, comme ici. En attendant la bande-annonce française, la voici en japonais. C’est Aoi Teshima qui chante le theme de ce nouveau film, Sayonara no Natsu (reprise d’une chanson des années 70). C’est aussi elle qui chantant la belle chanson Teru no Uta dans Les Contes de Terremer.
 
 
http://www.jpopasia.com/img/album-covers/2/11199-kokurikozakakarakashuu-g1eo.jpg 
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Concernant le nouveau Hayao Miyazaki, on sait de source sure (le producteur Suzuki l’ayant annoncé) qu’il s’agira de l’adaptation d’une autobiographie. Différents indices laissent à penser que ce sera celle de l’ingénieur aéronautique japonais Jiro Horikoshi. Tout d’abord, Miyazaki a publié un manga (Kaze Tachinu) adapté de la vie de Jiro Horikoshi dans un magazine japonais, où l’ingénieur est doté d’un nez de cochon (d’où les rumeurs d’un Porco Rosso 2 ?). Ensuite il annonce travailler sur un film qui raconte le destin tragique d’un garçon, un japonais qui a développé des armes de guerre. Or Jiro Horikoshi est connu au Japon pour avoir conçu nombre d’avions de guerre durant la Seconde Guerre mondiale. De plus, on aperçoit sur des storyboard du maître, un personnage et un avion qui apparaissent dans le manga Kaze Tachinu. Les japonais sont surs qu’il s’agit bien de l’adaptation animée de la vie de Jiro Horikoshi et la rumeur commence à faire le tour du net ! (source Buta-connection).
 
 http://www.gottsu-iiyan.ca/images/miyazakihayaocomic.JPG

Mercredi 5 octobre 2011

Isao Takahata, le co-dondateur du studio Ghibli, a annoncé travailler sur un nouveau film. Cela fait maintenant 12 ans que son dernier film, Mes voisins les Yamadas est sorti au Japon. Ce nouveau film serait basé sur un conte populaire japonais datant du 10ème siècle : Taketori Monogatari (Le conte du coupeur de bambous) aussi appelé Kaguya-hime no Monogatari (Le conte de la princesse Kaguya). La rumeur de cette adaptation courrait déjà depuis 2009, suite à des propos tenus par Takahata lui-même et Suzuki, le producteur du studio Ghibli.

L'annonce étant faite régulièrement, et le film n'avançant pas, de nombreuses personnes sont sceptiques quant à cette dernière "révélation". Toutefois, selon le site
Nausicaa.net, un tiers du film était déjà storybordé le 20 décembre dernier (soit 2010). Un test d'animation aurait aussi était fait, nommé Kaguya Hime no Monogatari (L'histoire de la princesse Kaguya) afin d'essayer une nouvelle technique d'animation. Il devrait nécessiter encore deux ans de travail, minimum. Sachant que le studio Ghibli est focalisé sur le prochain film de Miyazaki, la mise en chantier du nouveau Takahata parait compromise pour les années à venir, ou alors ne bénéficiera que d'une équipe restreinte.

Sources
ici et .

http://i393.photobucket.com/albums/pp11/silverdiamond_koorinomamononomonogatari/manga/MyNeighborsTheYamadas1999-still_-1.jpgImage du film Mes voisins les Yamadas

Voici la version du conte trouvée sur Wikipédia :

Un jour un vieux coupeur de bambou sans descendants, Taketori-no-Okina (竹取翁, « le vieillard qui récolte le bambou »), trouve une mystérieuse plante de bambou reluisante. La coupant, il trouve à l'intérieur un bébé de la taille de son pouce. Heureux de trouver une si belle petite fille, lui et sa femme l'élèvent comme si elle était leur propre enfant, l'appelant Kaguya-hime (かぐや姫, « princesse lumineuse »). Depuis, quand il coupe un bambou il trouve une pépite d'or. Il devient vite riche, et Kaguya-hime grandit d'un bébé minuscule à une femme de taille normale et de beauté resplendissante. Au début Taketori-no-Okina essaie de la cacher des autres, mais avec le temps les nouvelles de sa beauté se répandent.

Finalement, cinq princes viennent chez Taketori no Okina pour demander Kaguya-hime en mariage. Ces princes convainquent Taketori-no-Okina de demander à la réticente Kaguya-hime de choisir parmi eux. Pour ce faire, Kaguya-hime donne des tâches impossibles aux princes. Elle épousera celui qui peut lui apporter un objet précis.

La même nuit, Taketori-no-Okina dit à chacun des cinq princes ce qu'ils doivent rapporter. Le premier doit rapporter le bol en pierre utilisé par le Bouddha pendant qu'il mendiait; le second, une branche à joyaux de l'île de Hôrai; le troisième, la robe légendaire du rat qui habite Le montagne de Chine; le quatrième, un joyau coloré du cou d'un dragon; et le cinquième, le coquillage cauri d'une hirondelle.

Se rendant compte que la tâche était impossible, le premier prince revient avec un bol très cher, mais Kaguya-hime se rend compte de sa supercherie quand elle voit que le bol ne luit pas d'une lueur sainte. Deux autres princes essaient également de la tromper avec des faux et échouent. Le quatrième renonce pendant un orage, et le cinquième meurt en essayant de prendre l'objet.

Ensuite, l'empereur du Japon, mikado (御門/帝), vient voir l'étrangement belle Kaguya-hime et en tombe amoureux ; il propose de l'épouser. Bien qu'il ne soit pas soumis aux tâches impossibles des princes, Kaguya-hime refuse sa demande en mariage, lui disant qu'elle n'est pas de ce pays et ne peut donc pas aller au palais avec lui. Elle reste en contact avec l'empereur mais continue à refuser ses demandes de mariage.

Cet été-là, elle pleure à chaque fois qu'elle voit la pleine lune. Elle n'est pas capable de dire à ses parents adoptifs ce qui ne va pas, malgré tout leur amour pour elle. Son comportement devient de plus en plus erratique jusqu'à ce qu'elle révèle qu'elle n'est pas de ce monde et qu'elle doit retourner parmi les siens sur la Lune. Dans certaines versions du conte elle fut envoyée sur Terre comme punition temporaire pour un crime qu'elle aurait commis, tandis que dans d'autres elle y fut envoyée pour la maintenir en sécurité pendant une guerre céleste.

Le jour de son retour approchant, l'empereur envoie des gardes patrouiller autour de chez elle pour la protéger du peuple de la Lune, mais quand une ambassade d'« êtres célestes » arrive à la porte de la maison de Taketori-no-Okino, les gardes sont aveuglés par une étrange lumière. Kaguya-hime annonce que, bien qu'elle aime ses amis sur Terre, elle doit retourner sur la Lune avec les siens. Elle écrit des mots tristes pleins de regrets à ses parents et à l'empereur, puis donne à ses parents sa robe en souvenir. Elle goûte un peu d'élixir d'immortalité, l'attache à sa lettre à l'empereur, et le donne à un garde. En la lui donnant, on lui met une robe de plumes et toute sa tristesse et compassion pour le peuple de la Terre disparaît. Son entourage céleste ramène Kaguya-hime à Tsuki-no-Miyako contre son gré, laissant ses parents adoptifs en pleurs.

Ses parents adoptifs deviennent très tristes et tombent bientôt malades. Le garde retourne chez l'empereur avec les objets que Kaguya-hime lui a laissé dans son dernier acte mortel et raconte ce qui s'est passé. L'empereur lit sa lettre et en est ému. Il demande à ses domestiques quel est le mont le plus près du Ciel ; l'un d'eux répond le Grand Mont de la province de Suruga. L'empereur ordonne à ses hommes d'apporter la lettre au sommet du mont et l'y incinérer, avec l'espoir que son message parviendrait à la princesse lointaine. Les hommes sont aussi commandés de brûler le pot d'élixir d'immortalité parce qu'il ne désire pas vivre éternellement sans pouvoir la voir. La légende dit que le mot pour « immortalité », fushi ou fuji (不死), devint le nom de la montagne, le mont Fuji. Il est dit aussi que les kanji du mont, 富士山, littéralement « montagne abondante en guerriers », dérive de l'armée de l'empereur gravissant le mont pour faire ce qu'il avait commandé. Il est dit que la fumée de l'incinération des objets continue aujourd'hui (bien que le mont Fuji ne soit plus aussi actif de nos jours).

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